Clubs & Joueurs

Mbappé visé en Chine après un extrait de The Bridge sur Mao

Philippe Diallo juge la polémique « un peu trop forte » et espère qu’elle ne durera pas, alors que trois partenariats ont été rompus en Chine.

Emile Faucher
Mbappé visé en Chine après un extrait de The Bridge sur Mao
Photo d’illustration. Un gardien plonge vers le ballon sur une pelouse de stade : une image illustrative pour évoquer le match où Lille tient une heure, sans montrer cette rencontre.

En bref

  • Philippe Diallo a apporté son soutien à Kylian Mbappé auprès de Ouest-France.
  • Trois compagnies ont rompu leur collaboration avec le joueur, et China Media Group a déprogrammé un match du Real Madrid.
  • Marine Tondelier a défendu le joueur, tandis que deux élus LFI ont esquivé la question.
  • Le prochain match des Bleus est fixé au 12 novembre.

Le président de la Fédération française de football, Philippe Diallo, a pris la défense de Kylian Mbappé dans la polémique qui secoue le capitaine des Bleus en Chine, selon RMC Sport. Il s’est exprimé auprès de Ouest-France.

Un extrait de The Bridge à l’origine du tollé

Tout part d’un extrait de l’émission The Bridge, diffusé sur YouTube plusieurs semaines avant l’éclat, dans lequel Mbappé plaisante sur Mao Zedong. L’attaquant du Real Madrid y réagit aux mèmes dont il est régulièrement la cible : on le représente souvent en tenue de dictateur, en raison de son autoritarisme supposé dans les vestiaires. Le mème qui l’a le plus fait rire, explique-t-il, est un montage de son visage sur celui d’un homme qu’il pense être « un dictateur chinois ».

La réaction chinoise a été vive. Jean-François Di Meglio, président du Conseil d’Orientation d’Asia Centre, l’explique ainsi à RMC Sport : « Quand on dit Mao, on dit Parti communiste, et quand on dit Parti communiste, on dit Xi Jinping. » Le joueur a présenté ses excuses, et le gouvernement chinois, qui s’était insurgé, a dit « prendre au sérieux » ce mea culpa du joueur de 27 ans.

En Chine, les ruptures et les déprogrammations s’enchaînent

Les excuses n’ont pas suffi à apaiser la situation. Voici ce que rapporte RMC Sport :

  • trois grandes compagnies qui utilisaient le nom et l’image de Mbappé ont annoncé mardi matin la rupture immédiate de leur collaboration ;
  • China Media Group, qui avait déjà suspendu la diffusion des matchs de Liga liés au joueur, a déprogrammé le déplacement du Real Madrid à Santander, dimanche ;
  • les autres matchs du week-end figurent toujours sur la grille de Migu, la plateforme chargée de diffuser le sport en Chine ;
  • le joueur semble progressivement effacé de l’espace public : publicités retirées, maillot introuvable, réseaux sociaux bloqués.

Diallo, Tondelier et LFI : des réactions contrastées en France

Pour Philippe Diallo, la polémique est « certainement un peu trop forte ». Il ajoute : « Je ne pense pas que Kylian ait voulu, d’une quelconque manière, porter atteinte à l’image d’un dirigeant chinois, ni insulter ou vexer le peuple chinois. » Le dirigeant espère qu’elle ne durera pas, et conclut, selon Made in Foot : « Je crois qu’il faut désormais en rester là et qu’il puisse poursuivre sa saison dans les meilleures conditions ».

Sur le terrain politique, Marine Tondelier a écrit sur X que Mbappé avait eu « entièrement raison » de qualifier Mao de dictateur, évoquant des faits établis plutôt qu’une opinion. Elle estime que « céder systématiquement aux pressions économiques de la Chine est un signe de faiblesse ».

Du côté de La France insoumise, le ton est plus réservé. Mathilde Panot, cheffe de file des députés LFI à l’Assemblée, a réagi sobrement sur TF1 mercredi : « Je crois que Kylian Mbappé a fait un communiqué pour s’en excuser, dont acte ». Sur Sud Radio, Antoine Léaument a refusé de dire si Mao était un dictateur, tout en concédant que le régime chinois était « plutôt autoritaire ».

Les Bleus, prochaine échéance le 12 novembre

Le boycott vise pour l’instant les matchs de Liga liés à Mbappé. Quant à l’espoir de Diallo de voir la polémique s’éteindre, il reste une simple hypothèse formulée par le président de la FFF.

Photo : Nicu Ene / Pexels

Signé par

Emile Faucher

Ancien secrétaire de rédaction en presse quotidienne régionale, Emile Faucher a passé une vingtaine d'années à relire les pages sport des autres avant d'écrire les siennes. Il suit la Ligue 1, les effectifs des clubs et tout ce qui touche aux stades : rénovations, jauges, conventions avec les collectivités.

Tous ses articles